Le bien-être n’est pas une découverte pour Carra Sutherland : c’est le terreau dans lequel elle a grandi. Bien avant que la longévité ne devienne un mot à la mode, elle façonnait déjà son existence autour du mouvement, d’une alimentation naturelle et d’une conviction profonde héritée de son père, entraîneur de chevaux de course, qui refusait de croire aux limites. Après deux décennies dans le secteur du luxe, elle en a réinventé la définition : aujourd’hui, le véritable luxe, c’est la santé.
Avec ses stages Happy Sport & Detox, Carra aide les participant.e.s à retrouver ce que beaucoup ont perdu en chemin : la joie de vivre. Nous avons échangé avec elle sur la différence entre discipline et besoin, sur les raisons qui la poussent à se revendiquer « anti-gourou », ainsi que sur sa collaboration de cinq ans avec Elastique, une histoire commencée grâce à une simple paire de leggings remarquée lors d’un séjour bien-être.
1. Tu as fait de la santé et du bien-être un art de vivre bien avant qu’ils ne deviennent des sujets tendance. Revenons à tes débuts : qu’est-ce qui t'a d’abord conduite sur cette voie, et qu’est-ce qui a nourri ton engagement au fil des années ?
J’ai grandi dans une famille où le sport occupait une place centrale et où bouger allait de soi. Chez nous, l’activité physique était le remède universel. Lorsque quelque chose n’allait pas, mon père me disait toujours : « Va courir un peu, puis passe au sauna. Tu verras, ça ira mieux. » Mon père était entraîneur de chevaux de course et incarnait une véritable force de caractère. Il avait perdu une jambe pendant la guerre de Corée, mais cela ne l’a jamais empêché de continuer à monter à cheval, à jouer au tennis, à nager, à rester actif ou à danser. Il refusait de se laisser définir par ses limites. C’est lui qui m’a transmis la résilience, la discipline et surtout la force du mental. Son dernier grand exploit fut la victoire à la Cheltenham Gold Cup, une course qu’il avait décidé de gagner avant même qu’elle ne soit courue. Tout commence dans l’esprit. Il faut croire en ce que l’on veut accomplir pour lui donner une chance d’exister. Quand la vie vous offre des citrons, faites-en de la limonade. C’était sa philosophie, et elle est devenue la mienne.
Je suis montée à cheval pour la première fois à trois ans et, très tôt, j’ai découvert le plaisir de la compétition. Tennis, natation, équitation : j’aimais me mesurer aux autres, mais surtout à moi-même. J’ai toujours eu cette envie de progresser et de me dépasser. L’attention portée à l’alimentation faisait également partie de mon éducation. Ma mère allait au marché bio deux fois par semaine et nous veillions de près à la qualité de ce que nous mangions. Les aliments ultra-transformés étaient pratiquement inexistants et le sucre occupait une place très limitée. Cette conscience alimentaire m’accompagne depuis mes plus jeunes années. Le sport, en revanche, n’a jamais été une démarche ou une décision : il a toujours constitué une évidence dans ma vie.
Au fil des années, la dimension mentale est devenue aussi importante que la dimension physique. J’ai toujours eu une tendance naturelle à l’anxiété, et le mouvement a été mon principal outil d’équilibre. C’est ma manière de méditer tout en restant en action. Dès que je cesse de bouger, j’en ressens les effets. Pour cette raison, je ne parlerais pas vraiment de discipline : c’est avant tout un besoin. Mais c’est aussi une source de plaisir. J’ai toujours été animée par l’envie de me dépasser, de repousser mes limites et de progresser continuellement, quelles que soient les épreuves rencontrées en chemin.
2. Transmettre le bien-être est une chose ; l’incarner en est une autre. Comment ton expérience personnelle nourrit-elle la façon dont tu accompagnes les personnes qui participent aux stages Happy Sport Detox ?
Pour moi, c'est très simple : l’authenticité passe par l’exemple. C’est une conviction que j’applique au quotidien. Je ne pourrais pas transmettre quelque chose que je ne vis pas moi-même. Avant de recommander une approche, qu’elle concerne l’alimentation, l’entraînement ou la récupération, je l’ai toujours expérimentée sur moi en premier.
Cela dit, je me méfie profondément de la figure du gourou. Je ne cherche pas à imposer une méthode ou une vérité. Mon rôle consiste à guider, soutenir et partager mon expérience, mais chacun reste libre de décider ce qui lui convient. Comme le dit l’adage, on peut conduire un cheval jusqu’à l’eau, mais on ne peut pas le faire boire. J’offre un cadre, des repères et des outils, sans jamais exercer de pression ni porter de jugement.
Les gens savent très vite faire la différence entre quelqu’un qui applique réellement ce qu’il enseigne et quelqu’un qui se contente d’en parler. L’authenticité est fondamentale. Et surtout, j’aime profondément les gens. J’aime les voir évoluer, reprendre confiance en eux et se sentir mieux. On ne peut pas exercer ce métier avec sincérité si l’on n’éprouve pas un véritable intérêt pour les autres.
3. Lorsque nous avons échangé pour la première fois, nous avons été immédiatement frappés par la profondeur de ton expertise et par la constance avec laquelle tu appliques tes convictions. On sent que cette approche est le fruit d’un long cheminement, et non d’une révélation soudaine. Quelles expériences ont le plus profondément influencé la philosophie que tu défends aujourd’hui ?
Ma philosophie est le fruit de multiples expériences accumulées au fil des années. J’ai passé plus de vingt ans dans le secteur du luxe, un univers qui m’a appris l’exigence, le souci du détail et l’importance de créer des expériences mémorables et riches de sens. Mais aujourd’hui, ma définition du luxe a profondément évolué. À mes yeux, la santé représente le nouveau luxe, car elle demeure notre bien le plus précieux.
J’ai aussi beaucoup puisé dans l’approche américaine de la longévité, de la performance et de la recherche constante d’amélioration. J’aime la clarté, l’intensité et les démarches qui produisent de vrais résultats. Je suis quelqu’un qui fonctionne à l’engagement total : lorsque je crois en quelque chose, je m’y consacre à cent pour cent.
Mais les leçons les plus importantes, je les ai apprises au contact de la vie elle-même : le stress, la création de mon entreprise sans capital de départ, le divorce, le fait d’élever seule mon fils, les grands bouleversements personnels et la nécessité de retrouver mon énergie à chaque étape du chemin. Toutes ces expériences m’ont montré que le bien-être ne peut pas rester théorique. Il doit fonctionner dans la réalité du quotidien. Aujourd’hui, ma philosophie tient en quelques mots : ce qui est proposé doit être efficace, durable et suffisamment simple pour s’intégrer naturellement à la vie de chacun.
4. Tes stages semblent guidés par une intention qui dépasse largement le simple exercice physique. Ils invitent à retrouver un rythme plus juste, à accorder une place à la récupération et à renouer avec soi-même. À tes yeux, qu’est-ce que les personnes ont le plus perdu dans leur vie quotidienne et qu’elles parviennent à retrouver au cours de ces stages ?
Honnêtement, la joie.
Les gens ont perdu le lien avec leur corps, mais aussi avec une certaine forme de joie et de légèreté. Le rythme de vie est devenu extrêmement exigeant et beaucoup vivent en permanence dans l’action. Entre le stress, les responsabilités professionnelles et les impératifs familiaux, il est facile de s’oublier. C’est précisément pour cette raison que j’accorde une place centrale aux routines. Celles que je propose sont simples, pragmatiques et suffisamment faciles à intégrer dans la vie de tous les jours.
Mais au-delà de tout cela, ce que j’apporte avant tout, c’est de la joie et de la convivialité. Les gens rient, se détendent et prennent simplement du plaisir à être ensemble. C’est d’ailleurs pour cette raison que je préfère parler de vacances actives plutôt que de retraites bien-être. Lorsqu’on s’extrait du rythme habituel de sa vie, quelque chose de très particulier se produit. Les barrières tombent, les liens se créent naturellement, de véritables amitiés naissent et des souvenirs communs se construisent.
À ce stade, on dépasse largement le cadre d’un simple stage : c’est une véritable transformation qui s’opère. Les participants comprennent qu’il n’est pas nécessaire de compliquer les choses pour se sentir bien. Il suffit souvent de retrouver la joie, d’adopter quelques habitudes simples et efficaces, puis de les maintenir dans la durée.
5. De nombreux partenariats reposent avant tout sur une logique commerciale, mais le nôtre a semblé naturellement cohérent dès le début. Qu’est-ce qui t'a séduite chez Elastique et dans son approche du corps à travers la technologie MicroPerle® ?
Mon histoire avec Elastique a commencé tout à fait naturellement. J’ai découvert la marque au cours de l’un de mes stages grâce à une participante, Angel, qui portait un legging. Je me souviens m’être dit : « Ce legging est superbe. » Quand elle m’a expliqué qu’il s’agissait en plus d’un legging de compression, ma curiosité a été piquée. J’ai acheté mon premier modèle, L’Original noir, et ce fut un coup de cœur immédiat.
Later, I met Emeline in Paris, and we connected right away. She’s an incredibly strong entrepreneur, but she’s also kind, human, and authentic. That combination really resonated with me.
J’ai ensuite rencontré Emeline à Paris, et le courant est passé immédiatement. C’est une entrepreneure remarquable, à la fois forte, ambitieuse et profondément humaine. Sa bienveillance et son authenticité, associées à son exigence professionnelle, ont immédiatement trouvé un écho en moi.
C’est aussi la raison pour laquelle cette relation n’a jamais ressemblé à un partenariat de circonstance ou à un simple échange commercial. Elle s’est construite naturellement autour d’une confiance profonde, d’une admiration mutuelle et d’un véritable respect réciproque.
6. Tu as su bâtir une communauté fondée sur la confiance. Aujourd’hui, qu’est-ce que les personnes qui viennent vers toi recherchent avant tout, et en quoi leurs besoins ou leurs attentes ont-ils changé au fil des années ?
Lorsque j’ai lancé mon activité, la majorité des personnes venaient avec un objectif très concret : très souvent la perte de poids. Aujourd’hui, les attentes sont d’une tout autre nature. Les discussions sont devenues beaucoup plus profondes.
Les attentes ont changé. Aujourd’hui, les gens viennent chercher de l’énergie, un meilleur équilibre, de la sérénité mentale et un sommeil de qualité. Ils cherchent des solutions simples et applicables pour mieux vivre dans un environnement qui sollicite constamment leur attention et leur énergie.
C’est précisément ce que j’essaie d’apporter. J’essaie de rendre les choses plus simples et plus lisibles. J’aide les personnes à faire le tri, à revenir à l’essentiel et à se concentrer sur ce qui peut véritablement transformer leur quotidien.
Et lorsque je m’engage auprès de quelqu’un, je le fais sans réserve. J’accompagne les personnes avant leur arrivée, tout au long de leur séjour et bien après leur retour. J’ai toujours tendance à aller au-delà de ce qui est demandé ou attendu, simplement parce que je ne sais pas faire les choses autrement. C’est profondément ancré en moi.
7. Lorsqu’une personne découvre tes stages pour la première fois, qu’aimerais-tu qu’elle emporte avec elle en repartant ? Au-delà des transformations physiques, qu’espères-tu voir évoluer dans son rapport à elle-même et dans la manière dont elle traverse ensuite son quotidien ?
Plus que tout, j’aimerais que les personnes retrouvent la joie et l’envie de prendre soin d’elles. J’espère qu’elles repartiront avec le désir de remettre le mouvement au cœur de leur quotidien, de mieux se nourrir et de porter un regard nouveau sur leur potentiel et sur ce qu’elles sont capables de réaliser.
Nous avons bien plus de pouvoir sur notre état d’esprit que nous ne l’imaginons, et quelques minutes de mouvement peuvent parfois suffire à tout changer. Prendre conscience de cela est déjà une source immense de confiance et de liberté.
J’aimerais également qu’elles repartent avec quelques habitudes simples, faciles à intégrer dans leur vie de tous les jours. Les changements qui perdurent ne sont pas le fruit d’efforts extrêmes menés pendant quelques jours. Ils naissent de routines réalistes, durables et suffisamment agréables pour pouvoir être maintenues sur le long terme.
Une fois que ces habitudes s’installent durablement dans leur quotidien, tout commence à évoluer. Les personnes se sentent mieux dans leur corps et dans leur esprit, plus équilibrées, plus sereines et plus confiantes. C’est précisément pour cela que tant de participants reviennent d’année en année et continuent à mettre en pratique ces enseignements longtemps après leur séjour.